Cérémonie d’inauguration du Campus hospitalo-universitaire Grand Paris-Nord : retrouvez le discours de Martin Hirsch

Un site utilisant le Réseau AP-HP

Campus Hospitalo-Universitaire Grand Paris-Nord

Cérémonie d’inauguration du Campus hospitalo-universitaire Grand Paris-Nord : retrouvez le discours de Martin Hirsch

Cérémonie d’inauguration du Campus hospitalo-universitaire Grand Paris-Nord

Discours de Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP prononcé mercredi 26 avril 2017.

(sous réserve du prononcé)

  • Monsieur le Président de la République, je vous remercie d’honorer de votre présence ce lancement officiel du campus de l’hôpital Nord du grand Paris ; c’est le 10 juillet 2013 que vous annonciez l’engagement de l’Etat et votre engagement personnel sur ce projet majeur ; au cours de ces années, vous avez suivi de près les péripéties et vous avez donné de manière continue l’impulsion pour qu’il puisse progresser et désormais être irréversible ;
  • Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un rééquilibrage vers le Nord de l’AP-HP et d’une affirmation d’une assistance publique hôpitaux du Grand paris : c’est une évolution majeure; après des années où a été renforcée la rive gauche de la seine, et le sud de paris, nous investissons massivement, avec l’aide de l’Etat au nord  = plus d’un milliard d’euros; le mois dernier, nous dévoilions le projet du nouveau Lariboisière, en plein cœur du 10ème arrondissement étroitement articulé avec le projet qui nous rassemble ici à Saint-Ouen ; aujourd’hui nous lançons officiellement le coup d’envoi du campus du grand nord de paris, réponse à un problème de vétusté des deux hôpitaux de Beaujon et Bichat ; nous poursuivons des investissements très significatifs à Avicenne ; l’AP-HP sera forte aussi bien sur la rive gauche que sur la rive droite et pour que vous n’y voyez pas de clin d’œil politique, aussi bien au nord qu’au Sud ; le département de la Seine saint Denis, va devenir après Paris le deuxième grand département pour l’AP-HP avec deux groupes hospitaliers majeurs ;
  • Je remercie les élus – tous n’ont pu être présent en cette période particulière de campagne – qui ont accompagné la naissance de ce projet, que ce soit la ville de Saint-Ouen, qui a bien voulu accueillir ce campus, la ville de Paris, qui a considéré comme légitime qu’un hôpital dit intra-muros franchisse le périphérique ; le maintien d’une activité sur l’ancien site de Bichat, en lien avec les professionnels de ville permettra à la fois de ne pas saturer le nouvel hôpital que de ne pas priver les parisiens de la proximité, avec une prise en compte de l’amont et de l’aval ;
  • Ce Campus nourrit de légitimes ambitions, dans la suite de la contribution majeure de Bichat et de Beaujon aux progrès de la science médicale : c’est une force considérable de recherche qui s’unit sur ce site : j’évoquerais à titre d’illustration les deux projets pour lesquels nous étions réunis il y a quelques jours avec le président de l’INSERM : « Save brain » pour l’accident vasculaire cérébrale et « Survi » pour l’infarctus intestinal, deux domaines, dans lesquels les équipes sont à la pointe de la recherche mondiale.
  • Concevoir un campus hospitalo-universitaire pour dans huit ans est un exercice complexe : la médecine et les organisations médicale évoluent ; pour autant, c’est maintenant que se font les choix structurants : l’emplacement, le nombre de lits, le dimensionnement du plateau médico-technique, les grands principes architecturaux.
  • Nous savons d’ores et déjà que le nouvel hôpital comptera un tiers de lits que les deux hôpitaux qu’il remplacera et pour autant, il traitera et suivra davantage de patients : c’est l’un des défis majeurs qui conduit à extrapoler sur 10 ans d’un côté la réduction de la durée des séjours, l’augmentation de la chirurgie et de la médecine ambulatoire et de l’autre, une augmentation de la population, du vieillissement, des maladies chroniques ; c’est notamment la force de ce grand ensemble qu’est l’AP-HP de pouvoir porter à la fois des projets de cette ampleur et de prévoir des évolutions aussi significatives sans faire un pari hasardeux : la complémentarité de nos différents hôpitaux permet d’assurer sur l’ensemble de l’AP-HP que nous puissions aborder sans trop de risque des transformations aussi importantes ; dans le futur, la puissance de l’AP-HP ne se mesurera pas, autant que cela a été par le passé, par le nombre de ses lits, mais par la nature de ses plateaux techniques, la force d’organisation innovantes, la performance de son système d’information, l’intégration de la dimension numérique ses relations avec les autres acteurs du soin, et comme aujourd’hui par la compétence de ses équipes.
  • 12 ans c’est long entre une annonce en 2013 et une ouverture, 8 ans encore  ; mais ces années seront bien utiles pour que ce nouvel hôpital démarre en étant préparé à ses nouvelles organisations ; l’état d’esprit est aussi important que la qualité des locaux ; les choix d’organisation aussi majeurs que les choix architecturaux ; les uns et les autres doivent être harmonisés ; cet hôpital ne reproduira, ne transposera pas les défauts d’organisation que nous connaissons et qu’un nouveau projet permet de laisser à ses portes ; nous entendons qu’il y ait une sorte de contrat d’adhésion pour intégrer ce nouvel hôpital , d’adhésion aux modes d’organisation les plus performants, les moins cloisonnés, où l’on n’est pas propriétaire de son service, de ses lits, mais partie prenante d’une équipe, dépositaire d’une responsabilité ; nous proposerons aux personnels, d’aller le plus loin possible dans les délégations entre médecins et personnels paramédicaux, en les y préparant, en les y formant, pour un fonctionnement optimum et pour donner l’exemple aux autres établissements.
  • Il y a un point important à nos yeux : ce campus sera respectueux des accords de Paris avec une réduction de 25 % des émissions carbonées ; le premier bilan carbone d’un hôpital de l’AP-HP a été lancé ; nous comptons sur les collectivités et l’Etat pour nous aider à un plan de mobilité qui permette d’anticiper sur les  nouveaux moyens de transport pour que cet hôpital soit accessible, en utilisant le moins possible les voitures.
  • Cet hôpital sera donc un hôpital du futur, tourné vers l’avenir, organisé autour de la modernité ; mais il y a un point sur lequel nous tenons à être conservateur : c’est celui des valeurs ; ce que je peux vous garantir, monsieur le président, mesdames et messieurs, c’est que ce nouvel hôpital sera un lieu où la médecine s’exerce conformément aux valeurs fondamentales qui définissent l’hôpital public en général, l’APHP en particulier : être un instrument majeur de l’égalité d’accès à des soins de qualité et de l’innovation, un lieu de non refus, de la non discrimination, de l’attention portée, qui ira grandissante aux bonnes conditions de travail : car l’hôpital, ce n’est pas seulement un lieu de soins, le campus n’est pas seulement un lieu de recherche et d’innovation ; un hôpital universitaire, c’est aussi l’un des piliers de notre république ; à ce titre, nous devons être les gardiens vigilants que les valeurs que nous portons aujourd’hui soit celles que porteront tous ceux qui y exerceront.
  • Permettez-moi, Monsieur le Président, de terminer par une touche plus personnelle…